Il fut un temps pas si lointain où il était de bon ton d’opposer l’économique et le social, les dépenses onéreuses et les activités lucratives rentables.
Mis à part dans l’esprit de quelques grincheux ou gens mal informés ces antagonismes n’ont fort heureusement plus cours ou tendent à s’effacer.

Notre association – entreprise d’utilité sociale sans but lucratif – ne craint pas de se reconnaître voire de s’afficher dans le secteur de l’économie sociale et solidaire. En matière économique et comptable, elle est dotée de compétences avérées, d’outils de gestion et de contrôle pertinents et modernes tout en étant soucieuse au plus haut point de la qualité des services sociaux et médico-sociaux qu’elle rend aux personnes en difficulté
qui lui sont confiées.

C’est pour cette double raison économique et sociale que les pouvoirs publics font confiance à l’Addsea depuis plus de soixante ans en lui attribuant des sommes importantes, 30 millions d’euros par an, afin de remplir ses hautes missions humanistes.

Nous l’affirmons : pour notre société la dépense sociale est indispensable et juste parce que réparatrice ; elle est également rentable, socialement bien sûr mais économiquement aussi, parce qu’elle prévient des dépenses et/ou dégâts futurs. Tout comme dans le monde infirmier et médical, nos praticiens – autrement dit les professionnels du travail social – le savent et le disent : il faut guérir et prévenir. Pas l’un sans l’autre.

Trois événements récents vécus par notre association illustrent bien la rencontre au sein de l’Addsea de l’économique et du social, de l’humanitaire et de la pierre. En effet, nous avons eu la chance d’inaugurer en novembre à Besançon trois bâtiments totalement réhabilités : Le Roseau, Le Relais Parental, La Résidence Irène Barrès. La vocation de l’Addsea évolue-t-elle à ce point que nous soyons devenus des professionnels du secteur du BTP ?
Professionnels, non, mais assurément bons clients.

Il se trouve que pour accomplir correctement notre travail social auprès des quelques six mille personnes que nous accompagnons, il nous faut des moyens matériels importants et des locaux dont l’Addsea est soit propriétaire, soit locataire. Pour qu’ils soient agréables à celles et ceux qui les occupent, pour qu’ils soient adaptés, confortables, chauffés, correctement isolés, pas trop coûteux ou vétustes à long terme, ces locaux ont besoin d’être réparés, modernisés, entretenus.

Chemin des Torcols, dans la verdure à Besançon, Le Roseau, propriété de l’Addsea, est un Centre d’hébergement et de réinsertion sociale ou CHRS. Il accueille des femmes avec enfants. Outre l’accompagnement social et la paix pour se reconstruire et s’organiser, elles y trouvent l’intimité de T1 avec cuisine et sanitaires privatifs, mais aussi des salles et équipements communs.

Autre propriété de l’Addsea, rue de Terre Rouge, non loin de Saint-Ferjeux et la rue de Dole à Besançon, dans un secteur particulièrement bien desservi et riche d’équipements, le Relais Parental est enfin chez lui, dans sa nouvelle maison, pour accueillir, hors de tout système de placement institutionnel, des enfants dont les parents ont besoin de souffler un temps ou d’être dépannés du fait des aléas de la vie. On vit là, dans le confort et la sécurité, la vie de tous les jours, comme en famille : on joue, on dort, on se restaure, on va à l’école. Il y a des tout petits et de grands ados ; et bien sûr l’encadrement de professionnelles attentives.

Rue du Chapitre, dans le Besançon historique, au flan de la Citadelle, les occupants de la Résidence sociale Irène Barrès bénéficient de beaux appartements totalement rénovés – du T1 au T4 selon la composition de la famille – avec ce qui est vraisemblablement la plus belle vue sur la Boucle et les toits de la vieille ville. Rue du Chapitre, l’Addsea est locataire d’un bailleur social et loge des familles avant qu’elles n’accèdent à un logement de façon indépendante. Cette résidence avait été victime d’un incendie criminel en juillet 2012 et le propriétaire Habitat 25 a refait totalement les locaux en les adaptant aux besoins actuels définis par nos professionnels du secteur ALIA.

Ces travaux et bâtiments, c’est du domaine du visible, du tangible, du solide, de ce qui figure au bilan comptable et sur les tableaux d’amortissement.
On a bien compris néanmoins que c’est l’enveloppe matérielle et économique indispensable d’un travail social immatériel, plus délicat à évaluer, raison d’être de notre association-entreprise d’utilité sociale.

Hubert Moreau