Un toit pour reprendre pied

16 studios tout neufs. Au Roseau, les travaux engagés visent l’autonomie des femmes en difficulté.

Des arbres centenaires forts, solides, accueillent les femmes qui viennent là reprendre leur souffle et le fil de leur vie. Le bâtiment du 41 rue des Torcols, impose, dans l’immense parc, sa façade graphique de rouge et de fer, et promet aux femmes un avenir meilleur.

Tout a l’air neuf. Une rénovation lourde, 18 mois de travaux donnent 30 places dont

26 en CHRS (Centre d’hébergement et de réinsertion sociale) et 10 en accueil d’urgence soit 16 studios. Lits superposés, tables, kitchenette, salle de bains, en gris, en anis, sobres et fonctionnels ils semblent s’ouvrir sur la campagne.

La nouvelle distribution comprend des locaux communs avec une buanderie, un espace cuisine et de convivialité avec tables rondes et fauteuils colorés, des bureaux pour les entretiens et l’accueil, une salle de réunion polyvalente. Facture totale, 1,6 M€, partagés entre l’État, le Département, un peu la Région et un prêt cautionné par la Ville.

« Ce logement individualisé correspond désormais aux normes d’accessibilité, il renforce aussi le pouvoir d’agir de la personne », note Sylvain Donnet, directeur général de l’ADDSEA (Association départementale du Doubs de sauvegarde de l’Enfant à l’Adulte) dont dépend le Roseau.

Les femmes ne sont pas encore là, elles restent dispatchées dans des appartements de l’ADDSEA, jusqu’au passage de la commission de sécurité et reviendront mi-novembre.

Une page d’histoire

Le Roseau a traversé toute l’histoire sociale. Présidente de l’association, Nicole Dahan a retracé cette saga partie du coeur, jusqu’à se professionnaliser. Fondée le 1er juin 1965, l’association accueille des femmes seules sortant de prison ou en danger de prostitution, dans un petit bâtiment situé dans le haut du terrain des Torcols. Les femmes sont alors hébergées sans leurs enfants, eux sont placés en foyer d’accueil. Ils ne seront autorisés à suivre leur maman qu’en 1991.

Le bâtiment, à l’emplacement actuel, est construit en 1975. Il dispose de 23 places au total et propose une prise en charge collective : chambres, cuisine centrale et une salle à manger avec personnel. Ils sont aujourd’hui une dizaine à assurer le fonctionnement du Roseau. Les femmes à l’époque manquent de formation, l’insertion par le travail devient un défi majeur. Un atelier de réentrainement au travail est créé en 1984. « Avec le GARE BTT, le Roseau contribue à créer BTS (Besançon Techniques Services). Un atelier de mécanique pour les femmes symbolise ce que certaines appelaient : « le féminisme de l’association ». Il existe toujours.

« Puis la Blanchisserie, la restauration, un organisme de formation, l’atelier Maryse Bastié est créé en 1988 », rappelle Nicole Dahan. Vient le RMI, et la loi Besson, les problèmes de logement, donnent droit à l’aide sociale, les personnes peuvent être accueillies en CHRS. Depuis, les cartes furent rebattues, les compétences partagées, des sigles se sont ajoutés. On est passé d’une logique de foyer à une logique de résidence, plus d’ouverture, plus d’intimité. La détresse des femmes n’a peut-être pas beaucoup changé, la façon de les accompagner si.

 Article Est Républicain – Catherine CHAILLET